16 janvier 2007

 

Sarkozy.fr, vs Ségo sur second life par versac.net

un post très intéressant du bloggeur Versac (versac.net)

Sarkozy.fr nous présente un candidat qui n'a pas compris ce qu'est internet, un site de pur communicant, où il n'y a pas d'information, aucune interactivité, où l'internaute n'a pas la main. Pour le résumer, on pourrait dire que c'est une plaquette, plus une télé, avec de la récupération de données personnelles (et des simulacres d'interactivité).

Bref, que de la communication descendante, du tract, de l'affiche, du slogan. Internet, ce n'est pas ça. L'internaute n'a aucun intérêt à aller sur le site de Nicolas Sarkozy, à part découvrir son agenda. On se demande comment l'équipe de l'UMP a pu se laisser aller à un truc aussi inadapté à une campagne en ligne. Les dissenssions de l'équipe ? Il y a dans l'entourage de Nicolas Sarkozy des gens qui ont la connaissance intime de ce qu'est internet, qui ont fait un site de l'UMP assez complet et utile (même si peu interactif), bourré d'informations, d'outils.

Le site d'un candidat, aujourd'hui, doit surtout être le fédérateur intelligent de l'information et de la mobilisation en ligne, un carrefour, un agrégateur. Pour Sarkozy, en outre, il devrait être un moyen de faire le tri dans son discours, comprendre mieux ,dans le détail, à froid, ce qu'est le candidat, quelles sont ses propositions. En allant sur le site de Nicolas Sarozy, je ne peux pas savoir ce qu'il propose, sur rien. J'ai juste accès à un seul discours. J'ai une profonde impression de mépris pour ma recherche d'information.

On a un peu l'impression que sarkozy.fr a été pensé de manière autonome de l'internet, des blogs, des forums, des autres sites, comme si le reste d'internet n'existait pas. Il n'y a aucun lien externe sur ce site. La parodie de mini-débats ou d'appels à SMS présente sur le site, sans aucune terminaison politique, est le comble du ridicule : face à Ségolène, on sent qu'il a fallu "faire participatif". Mais on ne fait pas de la participation en laissant une case vierge appelant à information ou en donnant un numéro de SMS pour envoyer un message à Nicolas. La participation demande de la terminaison politique, de l'interaction, de la structure, ce que Ségolène Royal a peu à peu compris.

Tout semble baclé : matériel de soutien réduit à une bannière, news avec des fautes de frappe.

Je passe sur le gadget ultime : le décompte des jours, heures, minutes, secondes et millisecondes qui séparent Nicolas Sarkozy de son accession à la présidence. Qui occupe un dixième de l'espace. C'est absolument pathétique.

J'arrête là, je m'attendais à être surpris en bien, je suis extrèmement étonné de la médiocrité de la chose. C'est le début, le lancement, cela changera peut-être, mais on se surprend à tant d'inconséquence, sur internet, pour un candidat qui dit tant miser sur ce media et souhaite être moderne.

Le dispositif de l'UMP sur internet ne s'arrêtera pas là, c'est évident. Heureusement pour eux, d'ailleurs. Mais c'est dommage, une occasion manquée, manifestement, de mettre les choses en synergie. Bizarre, très bizarre, je trouve.

En face, Ségolène Royal ouvre une nouvelle permanence de Désirs d'avenir sur second life (qui a également accueilli une manif devant la permanence du FN !). Elle n'a toujours pas ouvert de site de campagne avec sa télé personnelle. Elle ne le fera sans doute pas, d'ailleurs. Elle n'a pas de site, elle s'appuie sur des réseaux. Elle est dans une logique de maillage du web, de réseaux, de sites multiples. Désirs d'avenir devient le moteur d'animation d'une communauté qui gagne en puissance (l'observation montre un gonflement de l'animation, de la participation, des collaborations qui grandissent). Elle est partout, grâce à ses militants, et joue le rôle d'animatrice.

Et puis Bayrou, entre les deux. Site humain, pas mal fait, accessible, pas encore très fédérateur de la présence de l'UDF sur internet, mais où l'utilisateur a effectivement de la place, où il y a une grande abondance d'information structurée, où l'internaute peut découvrir le candidat et ce qu'il propose. La stratégie de Bayrou semble être de jouer sur ce site et sur des interventions décentralisées sur des blogs (du type de son interview au PoliTICshow) et des espaces "citoyens". On n'est pas au point de Ségolène (décentralisation/délégation de la campagne), mais on est loin de la parodie de site de Nicolas Sarkozy. Ca semble bien fonctionner si l'on en juge par les commentaires laissés.

Tout ça n'augure rien des chances des candidats, bien évidemment, mais des profils se dessinent, qui en disent finalement assez long sur le mode de travail des candidats etde leurs équipes, la philosophie qui les anime...

Auteur: Versac

Source:
http://vanb.typepad.com/versac/


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