01 novembre 2006

 

Les soutiens à Ségolène Royal se multiplient...




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La notion d’ordre juste.


http://pheisserer.org



Le terme d’ordre est équivoque.
En un sens, il renvoie à l’idée de paix sociale. Imposée, restaurée ou instaurée par la force et au détriment de toute autre considération, l’ordre est connoté négativement. Il est une valeur conservatrice et réactionnaire, bref l’étendard d’une certaine droite.

En un autre sens, il est le véhicule des idées d’organisation, de rassemblement, de regroupement (cf. les ordres religieux, les corporations étudiantes, et les groupements professionnels), mais aussi des idées de classification, ordonnancement (en biologie) et de proportionnalité, équilibre et beauté (en musique et architecture). Dans ce cas, l’ordre vient modifier, rectifier, améliorer, parfaire, arranger le réel. Il s’oppose profondément à toute forme de conservatisme.

Aux côtés des valeurs de progrès et de justice, il peut, de droit, servir d’étendard à la gauche non-révolutionnaire.

L’expression « ordre juste » est tout aussi équivoque.
Equivocité qui, reconnaissons-le, n’est pas seulement vécue comme une forme de richesses mais aussi comme une source d’ambiguïtés, de perplexités et de craintes. La polysémie de la langue fait peur...le désordre du langage fait (aussi) paniquer.

Passons.

Cette expression (ordre juste) est, (au yeux d’un socialiste), un amalgame honteux :
si l’on tient pour acquis que l’ordre est, par principe, essence ou nature injuste. Derrière tout ordre (présent ou actuel) se cache/rait des injustices passées. Enfouies et tenaces, elles n’en sont pas moins ignobles, obscènes et écoeurantes.

par conséquent, rendre l’ordre juste c’est rendre acceptable ce qui ne l’est pas, ne peut l’être et ne doit pas l’être.

Cette expression est aussi une juxtaposition nécessaire :
si l’on part du principe que la réalité chaotique et désordonnée ne profite qu’aux plus forts (les plus riches et les plus puissants), le désordre, source d’inégalités et de violences doit être considéré comme l’ennemi, l’allié objectif de ceux qui créent et se nourrissent des injustices.

il convient, dès lors, pour créer du lien social, de la cohésion et de l’harmonie de combattre le désordre, c’est-à-dire de corriger les déséquilibres.

Synthèse drôle ou termes seulement mis dans un ordre juste :
L’ordre est juste. Il faut le maintenir (à tout prix)= Approche conservatrice.

L’ordre est injuste. Il faut le détruire (à coup sûr)= Approche révolutionnaire.

Le désordre est juste. Il faut le créer (le plus possible)= Approche libérale.

Le désordre est injuste. Il faut le combattre (à bon escient)= Approche socialiste.

Maintenant si on n’y prête pas garde (ou si l’on fait exprès, cela arrive !), il ressort que comme aux yeux d’un conservateur l’ordre est juste (ce qui signifie incidemment mais pas exactement que le désordre ne le serait pas) et que comme pour un socialiste le (quelque chose du) désordre est injuste, il y aurait comme une communauté de pensée entre le conservatisme et le (un certain) socialisme.

Pourtant, ce n’est qu’un tour de passe-passe conceptuel, tant l’ordre auquel se réfère les socialistes diffère de celui valorisé par les conservateurs.

Ordre à inventer et non à restaurer.
S’il ne s’agit que de restaurer un ordre passé (dépassé devrait-on dire !), le souci d’introduire un ordre juste devient passéiste, conservateur, une authentique perversion/régression aux yeux d’un socialiste.

A l’inverse, s’il s’agit de répartir, rééquilibrer, réguler, maîtriser, transformer la réalité, le projet d’introduire un « ordre juste » devient un idéal de gauche à part entière, pour ne pas dire une utopie nécessaire.

Par conséquent : démontrer, constater que le désordre est source d’injustices, revient à penser qu’inventer de nouvelles sécurités (un ordre ni donné, établi, naturel ou ancien mais à construire, à négocier, conventionnel et nouveau) est un authentique projet de gauche et non seulement une synthèse entre progressisme et conservatisme, entre droite et gauche.

Conclusion :
Ce n’est pas seulement s’il est associé à l’idée de justice que la notion d’ordre est une idée de gauche. C’est en elle-même que l’idée d’ordre est porteuse d’un idéal socialiste. Encore faut-il avoir à l’esprit que cet ordre qui s’oppose à un certain désordre (la violence, la pauvreté, la guerre, les inégalités) doit être inventé !

Ainsi l’analyse de Michaël Fœssel qui considère que « l’essentiel n’est pas tant le contenu de l’« ordre juste » que l’unité qu’il réalise entre conservatisme et progressisme » (Cf. http://www.esprit.presse.fr/esprit/word.php nous semble insuffisante, non pas erronée mais unilatérale et réductrice. Elle ne voit que la dimension négative de l’idée d’ordre et en oublie les aspects positifs.

Pascal Heisserer.

http://pheisserer.org
 
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