10 mai 2006

 

Sophie Bouchet-Petersen, du trotskisme à Ségolène Royal


Portrait
LE MONDE | 10.05.06 | 14h54 • Mis à jour le 10.05.06 | 14h54

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Tête chercheuse politique, rabatteuse d'intellectuels, trotskiste convertie à la réforme, féministe à la gouaille peu commune, irrésistiblement sympathique. Voici Sophie Bouchet-Petersen, la conseillère spéciale de Ségolène Royal. Plus spéciale que conseillère, étant entendu, dit-elle, que "les conseillers autoproclamés c'est une race haïssable". Elle préfère se présenter comme celle qui "donne des billes à une vraie patronne". Et précise : "Ce que je kiffe dans ma vie, c'est que les choses auxquelles je crois avancent." Au service des autres, toujours. Et de Mme Royal en particulier, qui lui interdit de dire des "gros mots".

Dans l'ombre de la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, Mme Bouchet-Petersen, 57 ans, s'investit sans retenue pour imposer la candidate à l'investiture du PS, "seule chance pour la gauche de battre Sarko". Elle engloutit, comme à son habitude, des kilos de livres pour comprendre la société française, noircit des notes pour les discours, met son expérience en pratique. Le budget participatif des lycées, mis en place dans le laboratoire poitevin de Mme Royal, c'est son oeuvre, rapportée d'un voyage en 2001 à Porto Alegre, royaume altermondialiste. "J'ai toujours marché sur deux pattes, j'aime le terrain et j'aime le pouvoir qui permet de transformer les choses. Au début, je pensais être tiraillée par une contradiction, aujourd'hui je me dis qu'avec "Ségo", je recolle les morceaux."

Il faut assembler le puzzle. Et quel puzzle ! Au départ, une petite fille passionnée de latin et de grec, bien née dans une famille catholique et gaulliste. Le père, mi-pied noir, mi-danois, est chef de grande entreprise ; la mère, italo-provençale, autorise Sartre et Camus alors que le reste de la famille subit l'influence de l'OAS. De ses parents, Sophie Petersen extrait des "valeurs" : "le courage, la grandeur de la France, une certaine forme de modernité". Il ne manque personne pour lui rappeler ses origines bourgeoises, pas même Ségolène Royal, qui lui envoie, un jour de discussion du budget régional, un cuisant : "Tu ne sais pas ce que c'est d'être à 2 ou 3 francs près !"

A 16 ans et demi, en 1966, Sophie Petersen traverse le 16e arrondissement pour s'inscrire à la fac de Nanterre et longe des bidonvilles avec le sentiment qu'"on ne (lui) a pas tout dit". Elle découvre l'extrême gauche. "Fallait alors vraiment avoir la vue basse pour ne pas tomber dans ce bouillonnement." Mais rejette les maos et les lambertos de l'OCI - dont fit partie Lionel Jospin. Trente minutes d'AG coincée sur un banc d'amphi entre deux de ses leaders, dont le futur producteur Jacques Kirsner, alias Charles Berg, l'ont convaincue "de leur machisme et de leur dogmatisme". "Ces gars-là m'ont parlé de leurs mensurations sexuelles. Je l'ai vécu comme une violence sur le dos d'une petite oie." Il lui en reste quelque chose : "Je me marre aujourd'hui quand j'observe au PS des réflexes lambertistes récurrents. Ce sont des cultures dogmatiques d'appareil et de manipulation d'appareil."

Ce sera donc, entraînée par Daniel Bensaïd, la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), ancêtre de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), pour son "ouverture au monde, son rapport à l'histoire et en même temps sa modernité". Mme Bouchet-Petersen s'engage à fond sous le pseudonyme de Sarah, se lie d'amitié avec la future sociologue Nicole Lapierre et entre à Rouge, la publication de la LCR, comme claviste.

Membre de la cellule Renault-Billancourt, elle passe cinq ans à distribuer le quotidien trotskiste, à l'aube, aux portes de l'usine. Elle entre au comité central de l'organisation, dont Alain Krivine est le porte-parole, et qu'elle quittera en 1978, après y avoir passé onze ans. Durant cette période, elle se marie avec Dominique Bouchet, le maquettiste du journal, alors que sa génération envoie promener le rituel bourgeois. "C'était la seule façon de l'imposer à ma famille", justifie-t-elle. Le couple vit en communauté avec Denis Pingaud, journaliste à Rouge, et sa compagne dans une maison de Vincennes. Les enfants naissent. Des jumeaux, Jonathan et Rebecca, pour les Bouchet-Petersen.

Puis tous s'éloignent de la LCR d'un même mouvement, sur la pointe des pieds. Aujourd'hui directeur de stratégie chez Euro-RSCG, M. Pingaud conseille Laurent Fabius. "Pour les ex de la LCR, la dégénérescence s'arrête au PS", éclate de rire son amie, qui a pris sa carte en 1993. "Personne ne peut la détester, s'amuse M. Pingaud. C'est une fille entière, qui possède une très forte intelligence de la société. Nous avons eu des débats sur le voile. Elle était contre la loi, sans angélisme. C'est la première qui m'a aidé à penser au voile comme revendication d'identité." Mme Bouchet-Petersen a pourtant toujours été féministe. A partir de 1974, elle est de toutes les manifs. Elle envahit L'Express pour protester contre sa couverture sur le film Histoire d'O et barbouille de rouge à lèvres le bureau de Jean-Jacques Servan-Schreiber, un fouet à la main. "Jubilatoire !"

C'est dans l'armée des conseillers de François Mitterrand qu'elle rencontre "Ségo" en 1983. Recrutée pour s'occuper des PME en difficulté, elle fait partie du comité de restructuration industrielle piloté par Alain Boublil, futur directeur du cabinet de Pierre Bérégovoy et qui sera condamné dans l'affaire Pechiney. "Je n'ai pas eu à m'en plaindre. Je n'ai aucune raison de cracher dans la soupe", dit-elle. En 1988, elle devient conseillère culturelle du président - "un grand bonhomme".

Juste avant 1993, elle est recasée au Conseil d'Etat. Elle n'y reste pas deux ans, se lance dans une nouvelle aventure, l'association Droit de cité, chargée d'animer des réseaux de quartier. Cinq ans à sillonner les banlieues dans un bus, des nuits passées dans les dortoirs de LEP ou les hôtels Formule 1. Son couple n'y survit pas. Les résultats de l'association sont mitigés. Et c'est fauchée qu'elle atterrit en 1999 au cabinet de Mme Royal, alors ministre de l'enseignement scolaire, puis ministre déléguée à la famille et à l'enfance. Elle combat "les ancêtres du déclinisme et les apôtres du tout-fout-le-camp" pour fonder "une politique de gauche de la famille". Se dit "fière" des luttes contre le bizutage et de l'institution de la journée de préparation à la défense "pour les filles aussi".

Entre les deux femmes, "pas de désaccord", même si elles appréhendent "les problèmes par des rampes différentes". Puis elle s'en va encore voir ailleurs, au ministère de l'outre-mer. Axel Urgin, directeur du cabinet de Christian Paul, qui ne l'avait pas choisie, se souvient de l'avoir très mal accueillie. "Un soir, je lui balance : "Jospin va à la Réunion, je veux un discours demain à huit heures"." A l'heure dite, il trouve "Sophie étendue les bras en croix sur la moquette". Le discours est prêt. "C'était tout simplement brillantissime, tellement que les technos de Matignon l'ont transformé en jargon."

Ce talent, elle l'emploie depuis deux ans à conseiller Mme Royal, d'abord au conseil régional Poitou-Charentes, puis dans son équipe de campagne, où elle a participé au lancement de son site Internet Désirs d'avenir. "Je suis faite pour servir."

Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 11.05.06

source:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-770088@51-749161,0.html

Commentaires:
SOUTENIR ET REMERCIER SEGOLENE ROYAL, proposition de communiqué peut être modifié et diffusé un maximum.
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AIDER SEGOLENE C‘EST MAINTENANT : le meilleur investissement pour demain.

"le PS " ne l'aidera pas (voyez par exemple l‘ hebdo des socialistes).
Quant aux médias ? Il vaut mieux donner à Ségolène la possibilité d’avoir les siens. Les moyens de se faire mieux connaître et mieux faire connaître sa synthèse politique à tous les français. CELA COUTE.

Il n’y a pas de fatalité : POUR UNE MEILLEURE POLITIQUE.

Les « amis » de $arkozy l'ont aidé financièrement pour pouvoir être élu : il n'y a pas de miracle, pas même en politique.

Bien sûr individuellement on n'a pas leurs moyens mais nous pouvons être beaucoup plus nombreux a verser des sommes si petites soit elles qui serviront à gagner les prochaines batailles.

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=participer_adherer

Le « PS » ( les anciennes mentalités qui le dirige) écarte Ségolène des médias (pire il la dénigre) et les médias ne peuvent que subir cet état de fait.

Ségolène à fait le choix du peuple, des sympathisants et militants sans compromission, refusant ce « PS » conservateurs que les « anciens » voudraient monopoliser.

C'est maintenant que cela se joue : ou CA PASSE ou … ;

Ségolène ne se compromettra pas par manque d'argent, offrons lui tous les outils et les meilleurs, dont l’argent n’en est pas un des moindre.

Nous ne sommes pas seuls, j’ai envoyé une demande de soutient financier aux amis de Ségolène (dans l‘espoir aussi qu‘il diffuse une collecte de fond, sans doute y ont-ils déjà pensé) : P. Menucci, A. Filipetti, V. Peillon, N. Vallaud-Belkacem, G. Gorce, J.L. Bianco, D. Baltho, F. Rebsamen, D. Assouline, M. Sapin, D Bertinotti, J.P. Mignard , Désirs d’ Avenir et Ségolène Royal, mes quelques adresses mails dont des incertaines.

Je poste sur Internet partout ou je peux.
INVITEZ-VOUS A LA PUBLICITE QUI N‘EN SERA QUE PLUS EFFICACE,.

Imaginez une France avec les « anciens » du PS , le cauchemar avec Sarkozy et consort.
Et maintenant, le fruit de nos investissement :

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IMAGINONS NOTRE FRANCE modernisée AVEC SEGOLENE, SON EQUIPE et NOUS TOUS CITOYENS actionnaires VIGILANTS.SOUTENIR ET REMERCIER SEGOLENE ROYAL, proposition de communiqué peut être modifié et diffusé un maximum.
 
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